La loi des petits nombres

Une étude menée par une éminente institution dans un pays pauvre et tropical révèle que 20% des habitants d’un petit village rural ont une maladie psychologique dont la prévalence moyenne dans le pays est de 1%. Cette région est très sèche, donc leurs habitants manquent de vitamine C. En outre, le niveau d’endogamie est particulièrement élevé dans ce village. Quelles sont, selon vous, les raisons les plus probables de la maladie psychologique?

En réalité, vous ne pouvez pas déduire grand chose car le pourcentage donné de 20% peut être dû à la petite taille de l’échantillon par rapport au reste de la population. De plus, vous pouvez vous demander si la méthode d’évaluation d’une maladie psychologique dans un pays pauvre est fiable. Cependant, nous avons tendance à tirer des conclusions rapides de cette étude pour plusieurs raisons:

  1. Argument d’autorité : le journal est « éminent », nous avons donc tendance à faire confiance aux données qu’il fournit
  2. Hyper-causalité et narration : nous avons tendance à faire des corrélations pour tout alors que la plupart des événements qui se produisent dans notre vie quotidienne sont aléatoires et non corrélés. Notre intuition ou notre heuristique aiment raconter des histoires et ont tendance à construire automatiquement une histoire cohérente à partir d’événements aléatoires.
  3. La paresse du système 1 : nous préférons la confiance au doute.

Référence:

Thinking Fast and Slow, D.Kahneman

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