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Finance verte et rentabilité, où en sommes-nous du débat ?

 

L’engouement pour les produits ESG n’est plus à démontrer. Selon une récente étude, 4 investisseurs sur 5 cherchent à investir dans des placements en accord avec leurs valeurs personnelles[1], quand 60% des épargnants déclarent chercher un impact dans leurs investissements.  Depuis une dizaine d’années, l’écosystème de la finance verte s’est structuré et de plus en plus de produits ESG ont vu le jour. Pour autant, est-ce que la finance durable est rentable ?

La rentabilité des produits ESG à travers l’Histoire

Si des premières initiatives en faveur de l’investissement socialement responsable (ISR) ont été observées dès le XVIIIème siècle à travers des groupes religieux, ce n’est qu’en 1971 que le premier fonds intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance voit le jour, avec la naissance du Pax World Fund. L’année 2006 marque ensuite un tournant, avec la consécration par les Nations unies des Principes pour l’Investissement Responsable (UNPRI) et l’instauration des critères ESG tels que nous les connaissons aujourd’hui. Depuis, l’idée selon laquelle les fonds ESG seraient moins performants que les autres est durablement ancré dans les esprits. Pourtant, une étude de la Société Générale Cross Asset Research montre que dès 2013, les fonds ESG ont surperformé les fonds classiques de 16%.

 

Responsabilité et rentabilité : deux notions
complémentaires en finance

En 2014, une méta-étude de l’Université d’Oxford[2] montrait de son côté que responsabilité et rentabilité n’étaient pas incompatibles, mais bien complémentaires. Après avoir analysé plus de 200 sources différentes, cette étude met en évidence une corrélation entre performances économiques et pratiques de durabilité. 88% des sources étudiées montraient en effet que les entreprises ayant de solides pratiques de durabilité affichent de meilleures performances opérationnelles, qui se répercutent dans les flux de trésorerie. En outre, 80% des études examinées démontraient que des pratiques prudentes en matière de durabilité avaient une influence positive sur la performance des investissements.

Les produits ESG ont sur-performé pendant la crise du Covid

Cette surperformance des produits ESG a été confirmée par de nombreuses études. Certains acteurs le martèlent : la rentabilité de la finance verte n’est pas inférieure à celle des autres investissements. C’est le cas de l’institut pour l’investissement durable Morgan Stanley, qui a mené une étude sur plus de 11 000 fonds d’investissement entre 2004 et 2018. Selon ce travail, les fonds d’investissement responsable présentent même un risque de décrochage moindre sur les marchés, notamment en période de volatilité. Une approche qui s’est vérifiée en 2020 : les produits ESG ont sur-performé pendant la crise du Covid-19[3]. Cette surperformance peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

  • La stratégie d’exclusion de certains secteurs et entreprises ne répondant pas aux critères ESG a permis d’exclure des secteurs tels que l’énergie ou les matières premières, qui ont fortement souffert des différents confinements[4]
  • En privilégiant des entreprises durables, les fonds ESG ont surpondéré leur exposition à des secteurs ayant mieux résisté à la crise, tels que la santé et la technologie.[5]
  • La crise du Covid a révélé l’importance de la gouvernance et de l’aspect social : l’opinion publique a favorisé les entreprises ayant su soutenir leurs employés et la société face à la crise, ce qui s’est traduit dans les performances financières.
  • Enfin, grâce à leur aspect durable, les fonds ESG ont pu être considérés comme des valeurs refuges. Sans compter qu’une part de plus en plus croissante d’investisseurs souhaitent investir de façon éthique.

Le CAC 40 ESG est plus rentable que le CAC 40

Besoin d’autres arguments en faveur de la rentabilité des fonds ESG ? Afin d’aider les particuliers et institutionnels à orienter leurs investissements vers des entreprises « durables », Euronext a mis au point un nouvel indice : le CAC 40 ESG. Cet indice comprend les 40 entreprises françaises ayant les meilleures pratiques sociales et environnementales, en fonction du label ISR, au sein des 60 plus grosses entreprises du CAC Large 60. Résultat ? Depuis le 1er janvier 2010, – date de reconstitution de cet indice -, le CAC 40 ESG Gross Return (GR) a enregistré une performance de 190%, soit un multiple de 2,9 fois la mise et une performance annualisée d’environ 10%. Sur la même période, le CAC 40 « classique » n’a performé que de 140%. Peu importe la période donnée, le CAC 40 ESG surperforme le CAC 40. De quoi réconcilier les investisseurs de tous horizons, indépendamment de leur appétence pour la finance durable : loin d’être un frein à la performance, les critères ESG permettent d’être davantage rentables.

Finance verte : une transition inéluctable ?

Pour certains, la transition vers la finance verte est de toute façon, inévitable. Comme le fait remarquer James Gorman, PDG de Morgan Stanley : « Si nous n’avons pas de planète, nous n’aurons pas un très bon système financier ». Même son de cloche pour Philip Hildebrand, vice-chairman de BlackRock, qui explique qu’il faut arrêter de comparer la rentabilité des investissements durables avec les investissements traditionnels : « Il faut sortir de ce paradigme, qui est basé sur un comparatif fictif. Si nous ne faisons rien pour le climat, les scientifiques nous disent que nous allons perdre 25% de notre économie dans les décennies à venir. La comparaison des investissements durables ou non est une fausse comparaison. Nous n’avons de toute façon plus le choix », expliquait-il lors du lors du Common Good Summit 2021.

Finance verte : quel rôle pour les institutions
financières ?

Maintenant que la finance verte n’est plus une niche réservée à quelques investisseurs vertueux, mais bien une source de profitabilité pour tous, les institutions financières ont un double rôle à jouer. Elles doivent :

  • –          Eduquer leurs clients à la finance durable, en leur démontrant qu’il est désormais possible d’être rentable et en étant à l’écoute de leurs attentes.
  • –          Se donner les moyens de connaître précisément les attentes de leurs clients en matière de finance durable, afin de leur proposer des produits ESG adaptés à leurs valeurs.

C’est toute la raison d’être de ESGprofiler, un questionnaire interactif basé sur la finance comportementale qui permet d’évaluer les préférences des investisseurs quant à la finance durable. Développé par Neuropofiler, l’ESGprofiler permet de comprendre précisément les impacts recherchés par les investisseurs et d’identifier les secteurs qu’ils souhaitent exclure. En plus de répondre aux obligations réglementaires MiFID II et DDA, ESGprofiler constitue une excellente opportunité pour dynamiser l’épargne de vos clients : une fois leur profil d’investissement identifié, vous pouvez facilement leur recommander les produits financiers les plus adaptés ! Vous souhaitez en savoir plus ? Demandez une démo !


[1] Natixis Investment Managers
[2] “From the Stockholder to the Stakeholder: How Sustainability Can Drive Financial Outperformance
[3] ESG funds beat out S&P 500 in 1st year of COVID-19; how 1 fund shot to the top – S&P Global
[4] Coronavirus: How ESG scores signalled resilience in the Q1 market downturn, Axa IM (March 31, 2020)
[5] ESG funds continue to outperform wider market, Financial Times https://www.ft.com/content/46bb05a9-23b2-4958-888a-c3e614d75199